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Par Sylvie Berthiaume - Reportage à destinationrthiaume

Voilà un bien joli mystère de la nature. Des centaines de parties de troncs de hauts conifères qui pouvaient atteindre 60 mètres sont tombés, il y a plus de 200 millions d’années, près d’une ancienne rivière. Ils ont par la suite été recouverts de vase et de cendres volcaniques dont les minéraux les ont empêchés de pourrir. La silice qui les a alors envahis a engendré le quartz, l’améthyste et le jaspe que l’on voit aujourd’hui.

La palette de couleurs dans chaque tronc est rien de moins qu’hallucinante : de quoi rendre jaloux les peintres Jackson Pollock et Jean-Paul Riopelle. Dans certains cas, c’est un blanc cristallin qui a pris toute la place. Il faut le voir scintiller au grand soleil !

Dans le parc national de la Petrified Forest, on peut les admirer sur deux sites où des dizaines de spécimens sont regroupés sur des collines faciles à arpenter. On aurait envie d’y passer des heures à scruter chaque tronc pour se souvenir de ses particularités et le comparer aux autres.

Or et pierres précieuses attirent les vautours

Pas étonnant qu’à la fin du 19e siècle et que dans les années 1940-50, il y ait eu une nouvelle «ruée vers l’or» dans ce territoire.

Inutile de dire que d’innombrables troncs fossilisés et pierres ont été vendus et sont donc disparus.

Heureusement, le statut de parc national protège ce qu’il en reste. C’est donc dire qu’il est strictement interdit d’en recueillir même les plus petits fragments. On peut toutefois en acheter au Centre d’interprétation, dont les profits sont dédiés à la préservation du parc.

Painted Desert, des couleurs en hauteur

D’une pierre, deux coups lors de la même visite. Dans le Painted Desert, du territoire de la nation Navajo jusqu’aux Buttes Hopi, les couleurs des mesas, plaines et collines à perte de vue changent au gré des couches d’érosion, de sable, d’argile et de limons qui se sont  aussi accumulées depuis plus de 200 millions d’années.

Un désert dont l’étendue est vaste à l’horizontal, et spectaculaire en hauteur, avec ses bleus, verts, roses, rouges, beiges et gris.

Si vous avez le temps, recherchez la Puerco Indian Ruin, où l’on trouve les vestiges d’un ancien village Pueblo du 14e siècle.

Parmi les 600 sites historiques du parc, vous serez aussi à même de découvrir des peintures rupestres sur la falaise du Newspaper Rock, à proximité ou à l’aide de télescopes, des pit houses dont une partie est en sous-sol, et autres ruines remontant à 8 000 ans.

Préparatifs requis

Même si la visite peut se faire dans des sentiers balisés et sur des routes bien pavées, il faut s’organiser pour en profiter optimalement, car le soleil et la chaleur deviennent accablants en quelques minutes seulement.

Évidemment : réserves d’eau (4 litres par personne pour la journée), vêtements, souliers et chapeau légers mais couvrant toutes les parties du corps, incluant le cou. Oubliez les sandales… Nous avons vu des parents et des enfants souffrir le martyr  !

Imaginez si vous sortez des sentiers battus… tous les approvisionnements et accessoires de survie sont alors obligatoires. Et pour toutes les saisons, car les températures changent beaucoup selon les endroits et l’heure du jour et de la nuit. Oui, il peut y avoir des orages. Oui, il peut faire froid.

Camping sauvage

Il est possible d’obtenir un permis pour passer une ou plusieurs journées dans ce parc national.

Le permis requis est délivré au Centre des visiteurs à l’entrée du parc.

Route panoramique de 43 km traversant

un territoire de 380 km carrés

Pour voir les accumulations de troncs pétrifiés rassemblés en quelques points d’observation, tout en ayant des vues imprenables sur les murs de pierre peints du Painted Desert, il faut absolument faire le parcours en voiture. Au moment d’écrire ces lignes, aucun excursionniste n’offre cette possibilité.

À partir de Flagstaff, en partant au début de la matinée et en revenant en tout début de soirée, on a amplement le temps de voir l’essentiel.

Facile : l’idéal est  d’entrer dans le parc national par le Sud, de suivre simplement la route dotée d’une très bonne signalisation, de s’arrêter aux points de vue aménagés stratégiquement, et de ressortir par le Nord du parc. Retour direct vers Flagstaff.

Toutefois, si l’on veut approfondir nos connaissances et entrer un tant soit peu dans la culture autochtone des Navajos, Mogollons et Pueblos Hopis ou Zunis, il faut compter quelques jours et prévoir y camper.

Les étranges sentiments d’admiration et d’impuissance humaine laissés par le constat de phénomènes à la fois incongrus et splendides occupent longtemps l’esprit.

 

La Forêt pétrifiée :

troncs noirs devenus pierres colorées

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