Tradition :

Toute en religion

Par Sylvie Berthiaume

Au Rajasthan, comme dans le reste de l’Inde, tradition rime avec religion, et la vie quotidienne actuelle se déroule encore au rythme des rites religieux.

L’hindouisme – millénaire et auréolé de mystère -  est pratiqué par 80% de la population, alors que 13% est musulmane et 2% sikh. Le reste de la population se répartit en différentes confessions comme le bouddhisme, le christianisme, le judaïsme, etc. Nous traiterons donc ici, très sommairement, de l’hindouisme.

Les 3 personnalités du Dieu

Brahma, le Dieu suprême, est représenté de trois façons : lui-même à titre de Créateur, Vishnou, le Préservateur et Shiva, le Destructeur. Au-delà de ces divinités principales, l’hindouisme considère aussi l’humanité comme divine.

Les hindous ont de plus comme croyances fondamentales, la réincarnation après la mort, et le karma de chaque personne qui est en quelque sorte sa destinée, considérée comme cause et conséquence de ses actions passées, présentes et futures, dans ses vies antérieures, actuelle et futures.

Partout on rencontre des saddhus, c’est-à-dire des hommes mystiques – habillés légèrement de couleur orange - à la recherche de la lumière intérieure, par la méditation et le renoncement aux choses terrestres comme la sexualité et les possessions matérielles.

Quant aux fidèles, ils arborent sur le front des marques, points ou lignes de différentes couleurs et orientations, affichant leur statut social et sectaire.

A la maison

La religion se pratique au quotidien, au sein de la famille : avant le lever du soleil, c’est la prière et l’offrande avant le repas, et après, on pratique le bali, qui consiste à distribuer des aliments aux animaux, comme les chiens et les vaches qui passent à l’extérieur de la maison.

Au temple et dans les lieux publics

Il n’y a pas de journée fériée spécifique chaque semaine pour pratiquer la religion hindoue. Cependant, chaque mois amène son lot de fêtes spéciales. Et les fervents peuvent se rendre dans l’un ou l’autre des centaines de temples, minuscules ou monumentaux, à tout moment, individuellement ou en famille.

 

Généralement, les temples comportent une statue de la principale divinité, sur un petit édicule et protégée par un petit habitacle. Il y a souvent un étroit couloir autour de la divinité, pour en faire le tour afin d’assurer la transition entre la vie quotidienne et la perfection spirituelle, en passant par quelques étapes.

 

Dans certains temples, on fait tinter une grosse cloche pour invoquer la divinité avant de s’étendre par terre devant elle pour la vénérer, réciter des mantras et demander son aide.

Autrement, les principaux rites religieux qui ponctuent la vie sont la cérémonie du nom après la naissance, l’initiation des hommes pour le passage à l’âge adulte, le mariage et les funérailles.

Les pèlerinages : des fêtes très gaies

On croise régulièrement de petits groupes de personnes revêtant la couleur sacrée – l’orange qui représente le feu, donc la purification du corps et des passions, et synonyme de libération, de créativité et de dynamisme.

Souvent pieds nus, ils participent à une procession vers un temple, en portant sur leurs épaules le long bâton de pèlerin coloré et doré, aux extrémités duquel pendent un pot d’eau et un baluchon d’offrandes comme des fleurs fraîches.

Cette procession comporte la plupart du temps, des chants et incantations très joyeux, quand ils ne sont pas à bord ou en train de suivre un gros camion tout décoré équipé d’immenses haut-parleurs jouant une musique rapide et dansante, absolument tonitruante. C’est la joie en mouvement.

Le bain spirituel

Au Rajasthan, nous avons visité les abords de deux grands temples qui attirent les pèlerins en quête de purification.

Pushkar, ville officielle du dieu Brahma, est l’un des rares endroits où un temple est édifié pour Brahma. Ailleurs en Inde, il n’y en a que trois autres. C’est sur les rives du lac Pushkar, que l’on trouve 52 ghats – sortes de gradins – d’où l’on descend dans les eaux sacrées.

Pushkar est aussi, depuis les années 1970, le lieu de prédilection des hippies. Encore aujourd’hui, au marché, dans les rues et les cafés, on entend de la musique psychédélique, du reggae, etc.

Le second bain majestueux se trouve au temple du Mont Galta, près de Jaipur. Il est aussi appelé le Monkey Temple, car on y trouve des centaines de singes. Tout le mont est magnifique à voir, tant pour la nature environnante, l’aménagement des sentiers et des marches, du vaste bain et de temples de différentes dimensions. L’ascension et la descente demandent un peu de souffle, mais ne sont pas difficiles.

 

D’autres temples valent la visite et le déplacement

Au Rajasthan les temples sont innombrables et fort différents. Lors de notre séjour, nous avons également visité :

  • près de Jaipur, le Lakshmi Narayan, sur une belle terrasse, orné d’un magnifique torana aux arcs boutés sculptés où l’on voit ces deux époux enlacés

 

  • près de Pushkar, à l’entrée du désert du Thar, et rejoint par un téléphérique, le temple Savitri Gayitri, en l’honneur des deux épouses de Brahma.

 

Adeptes ou non de religion, vous ne voudrez pas manquer ces lieux faisant intimement partie de la vie.

Les Indiens se montrent très heureux d’apprendre aux voyageurs les façons de s’y recueillir.

 

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